New York Story 48

 

Allô New York, Allô New York… (Petit clin d'oeil à Bashung)

Ici Marseille, ici Marseille…

Bonjour Paris, bonjour la terre… Allô La Planète

Cher France Inter, il est temps que je parle de vous, de vous, Eric Lange et Aneka et de votre émission pour voyageurs immobiles et arpenteurs du monde, pour les rêveurs sur planisphère et les coureurs de pays lointains, pour les cloués au lit dont les jambes franchissent les frontières chaque nuit, pour ceux qui n'osent pas encore mais qui ont un passeport tout neuf au fond de la poche…

 

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Mon passeport poétique à validité permanente

Oui, j'ai le goût de New York sur ma langue et ses lumières dans les yeux. Oui, cette ville m'inspire et je m'y balade encore la nuit, dans des souvenirs oniriques. Oui, je veux bien chuchoter dans le poste quelques lieux et quelques adresses et les partager avec des auditeurs curieux.

 

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The Brooklyn bridge, of course…

Brooklyn ! Après une apnée de quelques minutes sous l'East River, balotté dans une rame de la ligne L, vous reprenez votre souffle à la sortie étroite de la station Bedford Avenue. Vous voilà au coeur du quartier animé de Williamsburg, dans ses rues où alternent cafés, restaurants, boutiques vintage et vide-grenier quasi permanent sur les trottoirs… Si vous marchez en direction du pont, vous croiserez Grand Street et si vous tournez à gauche, vous découvrez “the french boudoir” de CC Mc Gurr : Fille de Joie, le paradis de la Fashionista newyorkaise amoureuse du vintage chic français… Cette immense boutique est un lieu où vous pourrez profiter d'un canapé moelleux et où, CC (prononcez “sisi”) et vous parlerez d'amour, des hommes, de cette petite paire de chaussures qui vous va si bien. Saluez-la avant de partir de la part de l'Amazone Bottée…

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La vitrine “by night” de Fille de Joie

Un peu plus loin, au 370 Metropolitan avenue, cherchez bien l'entrée d'un étrange et curieux musée : THE CITY RELIQUARY, un petit musée ou plutôt un cabinet de curiosités consacré à Brooklyn, à son histoire, son métro, ses habitants… Un musée créé et tenu par de gentils fous, des artistes, des farfelus amoureux de leur quartier. On est loin du Metropolitan mais près du coeur de Brooklyn…

 



New York Story 47

WHERE I AM - LÀ OÙ JE SUIS

Est-ce que cela nous rassure de savoir exactement où nous sommes ?  Est-ce que cela  a un sens d'apprendre que nous sommes sur un point, à un croisement de coordonnées, à la rencontre d'une ligne verticale avec une horizontale ?

 

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Latitude et longitude de NYC 

 

Imprimées sur le ciel d'une fenêtre grillagée, la latitude et la longitude de New York s'affichaient en noir sur bleu céleste. Je marchais au hasard des rues où je voulais me perdre : raté ! Je n'aurais jamais su plus précisément où j'étais que lorsque j'ai levé les yeux vers cette fenêtre. Alors, pour m'éloigner de ce point de certitude absolu, j'ai tourné les talons vers le sud et bifurqué plein est. Mon plan froissé est resté dans ma poche, j'ai tourné plusieurs fois de block en block jusqu'à retrouver ce sentiment diffus d'être de nouveau dans un petit triangle d'incertitude,  un triangle grand comme un mouchoir de poche où mon pied marin s'est senti comme un poisson dans l'eau !

Mais à New York, il est difficile de ne pas savoir où l'on est. La ville est pleine d'amers, ces points remarquables qui servent de repères au marin…

 

 

 



New York Story 46

 

Le temps des voeux…

 

 

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Petit collage numérique de trois photos de mur prises à New York.

Même le “Bonne année 2009″ est le fragment d'une publicité made in NY…

 

 



New York Story 45

“L'Histoire de l'Amazone Bottée”

The story of the Booted Amazon”

 

A poetic hunt for the tracks for the Booted Amazon in a Paris of lover's desire

 

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Voilà, l'invitation est lancée pour une grande première à New York où je vais lire et présenter mon travail autour de ce mystérieux personnage de l'Amazone Bottée…



New York Story 44

La Nuit Américaine

 

Ce matin, très tôt, le téléphone a sonné et j'ai tout de suite compris que les nouvelles étaient bonnes, là-bas, en Virginie. Depuis 1964, cet état n'avait pas voté démocrate. L'état voisin, la Caroline du Nord a aussi basculé.

La victoire est belle, magnifique, enthousiasmante. Oui les Etats Unis viennent de nous montrer que tout est possible, que de vieux schémas peuvent se transformer. C'était le moment en effet…

 

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Sur le rideau de fer d'une boutique de Williamsburg, Brooklyn

Fin septembre 2008

 

 



Articles récents

New York Story 43

Un jour pas comme les autres…

Par les nouvelles que je reçois, je sais que mes amis sont tous mobilisés. Chacun apporte sa pierre au rêve qui se construit vote après vote, jour après jour.

Certains ont déjà mis le champagne au frais, organisent une soirée après tous les efforts fournis pour convaincre proches, amis, voisins et même inconnus à voter pour celui qui va sans doute changer le visage des Etats-Unis. Certains aujourd'hui sont obervateurs pour surveiller le bon déroulement du vote, d'autres se sont transformés en chauffeur, quelques uns n'ont pas à hésiter à prendre un jour de congé pour être bénévole.

J'ai même reçu la photo de la machine à voter avec la petite croix apparaissant devant le nom D'Obama et de Biden. Mission déjà accomplie pour quelques uns.

Mes chers amis, en tout cas je sais que “Yes you can! ” et j'attends maintenant le coup de fil cette nuit qui va me réveiller pour m'annoncer le nom du prochain président américain.

 

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Un autocollant sur un poteau - rue de New York

 

 


New York Story 42

 

Fleurs de Bitume

Je flânais encore à New York, de prairies urbaines en gazon de parcmètre, lorsque j'ai reçu une proposition pour exposer mon travail photographique sur les jardins de cette ville. A peine rentrée, j'ai sélectionné une vingtaine de photos en couleurs qui retracent ma petite odyssée de jardins en carrés de verdure, lors de mes deux séjours là-bas, en septembre 2007 et 2008.

 

J'ai une pensée verdoyante pour Francesco qui m’a guidé dans son jardin à Harlem et qui a glissé dans ma main feuilles de menthe et piments, Shirly qui m’a ouvert le sien, toujours à Harlem, et qui m’a parlé du petit parterre qu’elle jardine, pour les Amis de la High line qui m’ont acceptée comme volontaire sur leur jardin éphémère de park(ing)day à Chelsea, Luis Rivera qui m’a accueillie dans son «Watersquash Zoo» de Brooklyn, et Thomas Bell qui m’a permis de m’allonger dans son Meditation garden de Williasmburg, également à Brooklyn…

Cette exposition aura lieu du 15 octobre au 15 novembre à Marseille, au Pain & Cie, dans le cadre de la manifestation “Jardins de ville”.

 

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Une “vraie” fleur de bitume newyorkaise

 

 

 

 




New York Letter 5

meinthethirdgarden2.jpg PARK(ing) DAY

Comment transformer le temps d’une journée une place de parcmètre en jardin avec gazon ?

 

Il suffisait de participer vendredi 19 septembre à la journée nationale et internationale (mais là je crois qu’ils sont un peu optimistes…) du “jardin de parcmètre” ou plus exactement à l’opération Park(in) day dont l’idée principale est de récupérer de l’espace public, un rectangle de bitume normalement réservé au stationnement et de créer un jardin éphémère. A New York, c’était le troisième édition et le Park(ing)Day a vu le jour à San Francisco sous l’impulsion de l’organisation REBAR.

 

Bien sûr, malgré l’aspect très spontané des réalisations, tout était organisé à l’avance, avec autorisation de la ville à mener une « street activity » avec lettre officielle, tamponnée et signée à montrer en cas de contrôle par un policier allergique au vert… Quand certains déroulent le tapis rouge, la régie des transports newyorkais a fourni aux cinquante et un jardins d’un jour des rouleaux de verdure, comme de la moquette végétale… De quoi jouer au frisbee, au scrabble, faire du yoga, s’allonger, installer de faux moutons, des chaises pliantes, des bancs, une nappe de pique-nique, des livres, un panier rempli de bagels… Et inviter les passants ébahis à venir s’asseoir, faire connaissance.

 

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Le petit bout de gazon des amis de la Highline

(Ninth av entre la 19 et 20ème street )

Volontaire pour celui des amis de la highline, j’ai passé quelques heures avec des membres de l’équipe à expliquer le principe du park(ing) day ou à parler des avancées des travaux de la High line (mais cela sera l’objet d’une autre lettre…), à regarder les gens passer, bouquiner un peu, à profiter de ce sentiment de liberté.

 

Tout près de chez moi, à Williamsburg, le premier que j’ai vu s’appelait le jardin de la méditation et a étét initié par Thomas, artiste et galeriste dans le quartier. Un troisième a été monté par des voisins. Chacun pouvait participer en s’inscrivant à l’avance pour figurer sur le dépliant avec plan de New York indiquant l’emplacement des jardins-parcs et faire ainsi la tournée de ces taches vertes poussées sur l’asphalte à l’heure du café.

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Thomas, méditant en son jardin

(Bedford av, Williasmburg)

En me baladant moi-même de l’un à l’autre, j’ai ainsi rencontré un jeune galeriste, une créatrice de bijoux australienne, une productrice de film, une urbaniste japonaise, un architecte, des jeunes lycéens, des cyclistes… Cette action, par son côté surréaliste et décalé, faisait réagir les passants, surpris et souvent amusés de voir le réel routinier bouleversé par quelques utopistes. Et quand l'imaginaire se greffe au quotidien, les gens osent se parler.

Malgré ce petit air de vacances à la campagne, on sentait parfois nous frôler un taxi, un camion d’un peu trop près, surtout sur les grandes avenues de Manhattan. L'utopie de ce Park(ing) Day a encore de beaux jours devant elle et à quand de la pelouse un jour par an sur une place de parcmètre en France ?


New York Letter 4

Books in Brooklyn

Comment j’ai rencontré Colson Whitehead (lire le petit article que j’ai écrit sur son livre «Le Colosse de New York”) et deux folles entrepreneuses, Jessica et Rebecca, voulant ouvrir une librairie…

Pourrait-on qualifier mon amour des livres comme insensé ? J’en achète beaucoup, surtout chez les bouquinistes, j’en emprunte encore plus à la bibliothèque, souvent par 10, j’en collectionne, j’en fabrique, j’en découpe, j’en offre, j’en donne et bien sûr j’en lis !
Voilà pourquoi dimanche 14 septembre, je suis allée à la Brooklyn Bookfair, troisième édition du nom, petit marché du livre en plein air. (Cela m’a beaucoup rappelé le marché de la poésie de la place St Sulpice à Paris.) J’y ai rencontré de petits éditeurs de Brooklyn, des artistes, des auteurs, dans l’ambiance tranquille et festive d’un dimanche « en ville ». J’ai appris en me baladant de stand en stand qu’il existait un réseau de librairies indépendantes à New York, à Manhattan et à Brooklyn plus précisément.

Ce jour-là, il faisait chaud et humide et mon éventail (j’ai eu l’étrange mais géniale idée d’en glisser un dans ma valise avant de partir) m’a donné l’occasion d’engager mille conversations avec de nombreux exposants moites mais passionnés. Tandis que je partageais avec eux amour des livres et battements d’air rafraîchissants, j’ai appris que le 16 septembre, dans un théâtre annexe du BAM (lieu culturel historique de Brooklyn) allait se tenir une soirée “Eat&Drink&Create&Read&live&grow”, une “Bookstore Kickoff Party” pour soutenir le projet fou de l’ouverture prochaine d’une librairie dans le quartier de Fort Greene. Voilà un projet beaucoup plus «insensé» que mon amour démesuré des livres. Deux jours auparavant, j’apprenais que Strand, le grand bouquiniste aux « 18 miles de livres », allait fermer son annexe de Fulton pour cause d’augmentation de loyer explosive..… L’adresse sur Broadway reste ouverte elle bien sûr, mais pourront-ils résister longtemps à la pression immobilière ? Par hasard, j'avais déjà vu une autre célèbre librairie de Manhattan spécialisée dans le roman policier, à la devanture et aux rayonnages vides…

Ouvrir une librairie est un acte insensé soit, mais nécessaire. A Marseille, j’en connais qui ont fermé et en parallèle, d’autres ont ouvertes, moins généralistes, tournées vers l’art, l’architecture ou le design, organisant des expos, devenant des lieux de vie culturelle et pas seulement des magasins. Je leur souhaite longue vie.

 

C’est donc hier soir, après m’être dûment enregistré par mail, que je suis allée découvrir ce projet. La communauté de Fort Greene avait il y a quelque temps sondé les habitants du quartier pour connaître leurs besoins et désirs pour améliorer leur qualité de vie. Les résultats du sondage ont été formels : le premier souhait des résidants était une librairie, le deuxième ? Une boulangerie…
Et voilà comment tout a commencé…
Le concept de « Kickoff party », que je pourrais traduire par soirée « coup de pied au cul » ou moins trivialement par soirée «coup de pouce» ( en fait cela veut dire simplement soirée de lancement) avait pour de but de remercier, faire se rencontrer les différents porteurs du projets, les habitants, les donateurs, les sponsors… Le projet a reçu un prix d’aide à la création de petite entreprise, tout est presque prêt, reste le cœur du défi : trouver un lieu ! Si tout va bien, dans quelques mois, une nouvelle librairie indépendante ouvrira ses portes à Brooklyn. J’ai reçu un bon de réduction de 5 dollars à dépenser lors de mon premier achat dans cette future librairie et j’espère bien le dépenser lors de mon prochain séjour ici…

Voilà le lien vers la librairie : abookstoreinbrooklyn

et celui vers l’article que le New York Times leur a consacré.

 

« La cerise sur le gâteau »

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Colson Whitehead, qui habite Fort Greene, a lu quelques pages de son prochain livre et mon cœur de lectrice s’est mise à battre un peu plus fort. Son livre « Le Colosse de new York » a été pour moi une découverte. Je suis incapable d’en parler intelligemment mais lisez-le ! J’avais tellement peur de le finir que j’ai ralenti ma lecture au fur et à mesure que la fin approchait. Page par page, phrase par phrase, presque mot par mot…


New York Letter 3

Un 11 septembre à New York

La veille, j’avais remarqué deux immenses faisceaux bleus, lancés dans la nuit, deux traits obliques barrant le ciel de la ville. Le matin, en allumant la télé, puis dans un petit café au coin de ma rue où je commandais des bagels, les mêmes images : Ground zero, les familles tenant des photos de leurs disparus, des casquettes bleues, des drapeaux, et un étrange silence pendant qu’une voix lisait la longue liste des noms. Comme quelque chose de suspendu dans toutes ses têtes qui levaient leur visage vers les écrans. Sans un mot, sirotant leur café, l’esprit replongé sans doute, sept ans auparavant, se remémorant le moment où ils ont appris la nouvelle.  Qui ne se souvient pas, dans le monde, de ce qu’il faisait, où il était, quand, au détour d’un flash spécial à la radio ou à la télé, il a appris la nouvelle de la destruction des tours jumelles. Moi, j’étais dans un bus, il était six heures du soir environ et avant de comprendre ce qui se passait, je m’étais demandée pourquoi le chauffeur mettait sa radio si forte. Tout le bus, pris dans une espèce de catatonie collective essayait de saisir ce que les mots voulaient dire, d’assimiler la nouvelle et avec le recul, je sentais bien combien cela fut difficile d’admettre que cela était réel. Nous avions juste des mots, le récit de ce qui s’était passé et chacun essayait de se figurer ce que cela voulait vraiment signifier. On avait encore le temps avant de revoir les images en boucle jusqu’à la saturation de nos cerveaux. Un de mes amis ici m’a raconté comment il avait vu en direct le deuxième avion et comment il y avait eu cet instant de flottement : tout d’abord cela avait semblé être le « replay » du premier et il avait eu besoin de plusieurs minutes pour réaliser que ce n’était pas la rediffusion du premier avion s’encastrant dans la tour mais qu’il venait d’assister en direct au crash du deuxième…

 

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Dans une rue de Williamsburg, Brooklyn 

 

En voyant de loin, les tours absentes, ou plutôt en ne les voyant pas, ce vide dans le ciel est plus signifiant aujourd’hui pour moi que tous les projets de reconstruction. Peut-être je ne suis pas la seule à ressentir la présence de l’absence et cela expliquerait en partie pourquoi le chantier ne semble toujours pas avancer…Ce 11 septembre 2008, je ne voulais pas jouer les voyeuses, tourner autour de Ground Zero comme une « Vautouriste » attirée par le sang, les ruines, les morts atroces de milliers de personnes…

 

Alors, j’ai commencé à écrire ce texte et je suis partie à Coney Island…


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