New York Story 29

La Babel des petites gens

New York, sous ses airs de fashionista oisive et pimbêche, est en réalité une ville usine, une mégapole tournant en 3X8, sans temps morts, ni heure creuse. Les employés de magasins, les policiers, les conducteurs de métro se relaient pour faire tourner sans relâche LA machine insatiable. Le ralentissement semble apparent la nuit mais la frénésie se déplace : de la rue à l’espace clos des clubs et de la vie «underground».

 

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L’homme-sandwich

La journée, ses trottoirs canalisent la rivière humaine. Cette foule, fluide et bruissante, laisse apparaître ses strates :

Celle des touristes, badauds qui traînent, regardent en l’air, plus ou moins dépenaillés comme des vacanciers qui se laissent aller, les seuls à se planter brusquement à un carrefour pour filmer ou prendre une photo.

La deuxième strate est celle des hommes et femmes d’affaires, les dirigeants, ceux qui ont toujours l’air préoccupé et pressé, même quand ils avalent un sandwich, le costume et tailleur impeccable.

Puis, comme égarés, souvent seuls, la dernière strate, celle des presque invisibles : les petites mains de la ville, livreurs de lunchs, peintres en bâtiment, balayeurs, vendeurs de comics, de fruits frais, de maïs grillés ou de hot-dogs, marchands de journaux, hommes-sandwichs, cireurs de chaussures, gardiens de parking, promeneurs de chiens et promeneuses d’enfants, portiers… Elles sont nombreuses les chevilles ouvrières de l’édifice New York !

Tous sont en costume de travail, tabliers, salopettes, vestes à festons ou casquettes, signalant leur place et leur rôle. La rue est leur domaine, le territoire de leur gagne-pain. Je les ai regardés, ces hommes, affairés ou endormis, blagueurs ou ronchons, baîllants ou rêveurs, actifs et rapides, concentrés et parlant toutes les langues de la terre.

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Le réparateur de chaussée

Dans un futur physiquement paresseux et paroxystiquement productiviste, j’imagine sur certains trottoirs embouteillés, l’intégration de tapis roulant grande vitesse, avec couloir 1ère classe pour dirigeants et banquiers, 2ème classe pour la classe laborieuse et une classe touriste… A moins que le lobby des taxis, déjà furieux depuis octobre dernier d’être équipés d’un GPS de «surveillance», parviennent à mettre fin à mes divagations par un veto sans concession, pour concurrence déloyale…

2 Réponses à “New York Story 29”

  1. vink 27 février 2008 à 11:18 #

    New-york et ses castes. Chacun son rôle, chacun sa fonction, tel une fourmi au milieu d’une fourmilière, le New-yorkais s’affaire sans discontinuer.

  2. newyorkinmymind 27 février 2008 à 12:57 #

    Oui, et c’est vraiment frappant là-bas.

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